Bilan sanguin annuel après 40 ans : quels examens demander

Après 40 ans, quels examens demander pour un bilan sanguin annuel utile ? Les examens de routine, les compléments selon votre profil, et ce que la Sécu rembourse.

Bilan sanguin annuel après 40 ans : quels examens demander

7 min - Équipe BioSense - 2026-06-24

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À partir de 40 ans, certaines explorations biologiques deviennent statistiquement plus pertinentes. Mais il n'existe pas de bilan sanguin annuel universel : un check-up utile dépend de votre profil, de vos antécédents et de vos facteurs de risque. Cet article passe en revue les examens à discuter avec votre médecin, ceux qui méritent vraiment d'y figurer selon votre situation, et ce que la Sécurité sociale rembourse.

Vous prenez rendez-vous avec votre médecin traitant pour votre bilan annuel. Vous repartez avec une ordonnance, vous faites votre prise de sang, vous récupérez les résultats. Mais vous n'êtes pas tout à fait sûr de ce qui a été demandé, ni de pourquoi certains examens y figurent et d'autres non. Vous vous demandez aussi si vous ne devriez pas avoir « plus » d'analyses, comme on en voit partout sur Internet.

Voici comment penser un bilan sanguin annuel utile à partir de 40 ans : ce qui constitue le socle classique, ce qui mérite d'être ajouté selon votre profil, et ce que la Sécurité sociale rembourse réellement.

À quel rythme faire un bilan sanguin après 40 ans ?

Première précision importante : il n'existe pas, en France, de recommandation officielle imposant un « bilan sanguin annuel » universel à toute la population adulte. La Haute Autorité de Santé recommande plutôt des explorations ciblées selon votre âge, vos antécédents personnels et familiaux, vos facteurs de risque (tabac, alimentation, sédentarité, surpoids) et vos symptômes éventuels. Un bilan sanguin annuel systématique n'est ni obligatoire, ni toujours nécessaire.

Cela dit, à partir de 40 ans, faire le point une fois par an ou tous les deux ans avec son médecin traitant est une pratique répandue et raisonnable, particulièrement en présence de facteurs de risque cardiovasculaires ou métaboliques. La fréquence dépend de votre situation : un adulte en bonne santé sans antécédent peut espacer davantage que quelqu'un qui suit un traitement chronique ou qui a des antécédents familiaux marqués.

Bon à savoir : l'Assurance Maladie propose un examen gratuit, l'Examen de prévention en santé (EPS), tous les cinq ans à partir de 16 ans, accessible à tout assuré du régime général sur simple demande à sa CPAM. Il se déroule dans un Centre d'examens de santé, dure environ deux à trois heures, et comprend un bilan biologique personnalisé selon votre profil. Encore trop méconnu.

À retenir — Il n'existe pas de bilan sanguin universel obligatoire en France après 40 ans. Les explorations utiles dépendent de votre profil. L'Assurance Maladie propose en parallèle un Examen de prévention en santé gratuit tous les cinq ans, encore trop méconnu.

Les examens de routine fréquemment indiqués après 40 ans

Six familles d'examens forment le socle d'un bilan annuel courant après 40 ans. Tous sont remboursés par la Sécurité sociale sur prescription médicale.

1. Le bilan lipidique : cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides

Pierre angulaire de la prévention cardiovasculaire. Le LDL-cholestérol (le « mauvais ») est le principal marqueur de risque athérogène ; le HDL (le « bon ») est protecteur ; les triglycérides reflètent l'équilibre alimentaire et glucidique. Les recommandations européennes en cardiologie définissent des cibles de LDL différentes selon le risque cardiovasculaire global — d'où l'importance d'une lecture contextualisée.

2. La glycémie à jeun

Marqueur de référence du dépistage du diabète et du prédiabète. Un seuil supérieur à 1,10 g/L à jeun à deux reprises évoque un prédiabète, supérieur à 1,26 g/L un diabète. Selon votre contexte, votre médecin peut compléter par une HbA1c, qui donne une vision sur deux à trois mois.

3. La numération-formule sanguine (NFS) ou hémogramme

Examen de routine qui mesure les globules rouges, blancs et les plaquettes. Permet de dépister une anémie, une infection, une inflammation, ou des anomalies plus rares. Souvent associée à une mesure de la vitesse de sédimentation ou de la CRP en cas de point d'appel.

4. La fonction rénale : créatinine et DFG estimé

La créatinine sanguine permet d'estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG), qui reflète le bon fonctionnement de vos reins. Particulièrement utile en présence d'hypertension, de diabète, ou si vous prenez régulièrement certains médicaments (anti-inflammatoires, antihypertenseurs).

5. La fonction hépatique : ALAT, ASAT (et selon contexte GGT)

Les transaminases ALAT et ASAT renseignent sur le fonctionnement du foie. Elles peuvent être élevées en cas de stéatose hépatique non alcoolique (foie gras), de consommation excessive d'alcool, ou d'effets indésirables de certains médicaments.

6. La TSH (thyroïde)

Marqueur de première intention pour explorer la fonction thyroïdienne, particulièrement utile en présence de symptômes (fatigue, prise ou perte de poids, frilosité, palpitations) ou chez les femmes de plus de 50 ans. Pas toujours nécessaire en l'absence de symptômes, à discuter avec votre médecin.

À retenir — Bilan lipidique, glycémie à jeun, NFS, fonction rénale, fonction hépatique, TSH selon contexte : ces six familles d'examens constituent le socle d'un bilan annuel après 40 ans. Tous sont remboursés sur prescription médicale.

Les examens à discuter selon votre profil personnel

Au-delà du socle, certains examens méritent d'être ajoutés selon votre situation. Ce sont rarement des « examens à demander systématiquement », mais plutôt des compléments à discuter avec votre médecin.

Le statut en fer : ferritine et coefficient de saturation de la transferrine

Particulièrement pertinent chez les femmes encore réglées, les personnes végétariennes ou végétaliennes, les sportifs d'endurance, ou en cas de fatigue persistante. La ferritine reflète vos réserves en fer ; le coefficient de saturation de la transferrine évalue la disponibilité du fer en circulation.

Les vitamines : D et B12

Pour la vitamine D, attention : depuis 2014, le remboursement du dosage de la 25-OH vitamine D est restreint par l'Assurance Maladie à six indications précises (suspicion d'ostéomalacie, suivi post-chirurgie bariatrique, chutes répétées chez la personne âgée, suivi de transplantation rénale, prescription de certains médicaments, maladie rénale chronique avancée). En dehors de ces indications, le dosage est possible mais reste à votre charge (environ 11 à 15 €).

La vitamine B12 est utile à doser en cas de fatigue persistante, de troubles neurologiques, de régime végétalien strict, après 60 ans, ou en cas de prise prolongée de certains médicaments (metformine, inhibiteurs de la pompe à protons).

L'HbA1c

L'hémoglobine glyquée reflète la glycémie moyenne sur deux à trois mois. Particulièrement indiquée en cas de surpoids, d'antécédents familiaux de diabète, de glycémie à jeun limite, ou d'hypertension. Permet de détecter un prédiabète plus précocement qu'une glycémie ponctuelle.

Marqueurs ciblés selon le contexte

D'autres examens peuvent être indiqués selon des situations spécifiques : PSA chez l'homme après 50 ans dans un cadre de dépistage individuel et discuté du cancer de la prostate, acide urique en cas de douleurs articulaires ou d'antécédents de goutte, CRP en cas de suspicion d'inflammation, calcium en cas de troubles osseux. Aucun ne se prescrit sans raison clinique.

À retenir — Ferritine, vitamines D et B12, HbA1c, PSA, acide urique, CRP : ces examens complémentaires se prescrivent selon votre profil et vos facteurs de risque, jamais en routine systématique. La discussion avec votre médecin est essentielle.

Ce qui n'est pas remboursé… et pourquoi ce n'est pas forcément un problème

Un point qui revient souvent dans nos échanges avec les utilisateurs : la confusion entre « remboursé par la Sécurité sociale » et « cliniquement utile ».

Le cas du dosage de la vitamine D est emblématique. Depuis la décision de l'UNCAM de 2014 (confirmée en 2021), ce dosage n'est remboursé que dans des indications précises. La raison ? Une explosion des prescriptions (multipliées par dix entre 2005 et 2012, pour un coût annuel de 144 millions d'euros), sans que le bénéfice clinique d'un dosage systématique soit démontré. La HAS et l'Académie de médecine s'accordent sur un point : doser la vitamine D n'a pas d'utilité chez la personne en bonne santé sans facteur de risque, et une supplémentation peut être prescrite sans dosage préalable.

Autrement dit, l'absence de remboursement traduit ici une décision de pertinence clinique, pas une économie aveugle. Cela vaut pour d'autres examens parfois proposés sur des plateformes de check-up payantes : « plus d'examens » ne veut pas dire « meilleur bilan ». Un bilan ciblé, bien interprété, est plus utile qu'un panel exhaustif mal contextualisé.

La méthode BioSense

Un bilan sanguin n'a de valeur que mis en contexte. BioSense croise vos résultats avec votre questionnaire santé — âge, sexe, antécédents, traitements en cours, mode de vie, motif de prescription, symptômes éventuels — et avec les recommandations officielles (HAS, ANSM, Santé Publique France, sociétés savantes françaises et internationales). Vos résultats sont aussi suivis dans le temps, ce qui permet de repérer une dérive avant qu'elle ne devienne un problème.

*ChatGPT vous répond. BioSense vous connaît.* *BioSense, votre compagnon prévention.* BioSense n'établit pas de diagnostic et ne se substitue pas à votre médecin. C'est un compagnon de prévention qui vous aide à comprendre, à formuler les bonnes questions et à agir au quotidien.

Préparer votre rendez-vous médical : trois questions utiles

Avant votre prochaine consultation, voici trois questions à préparer pour orienter la prescription :

  • Compte tenu de mes antécédents, de mon âge et de mes facteurs de risque, quels examens biologiques sont vraiment utiles cette année ?
  • À quelle fréquence devrais-je refaire ces examens ?
  • Suis-je éligible à l'Examen de prévention en santé gratuit de la Sécurité sociale, et serait-il utile dans mon cas ?

Cette préparation fait gagner du temps en consultation et oriente l'échange vers ce qui compte vraiment pour vous.

Importez votre bilan sur BioSense et recevez une explication pédagogique de chacun de vos biomarqueurs, contextualisée selon votre profil, avec un suivi dans le temps. Vos données sont hébergées en France sur une infrastructure certifiée Hébergeur de Données de Santé.

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Sources et méthodologie

  • Assurance Maladie (Ameli) — Examen de prévention en santé : tout savoir sur ce bilan de santé gratuit.
  • Code de la Sécurité sociale — Articles L321-1 à L321-3 et R321-2 à R321-6 (examen de santé gratuit).
  • Haute Autorité de Santé (HAS) — Utilité clinique du dosage de la vitamine D (rapport d'évaluation, 2013).
  • UNCAM (Union nationale des caisses d'assurance maladie) — Décision du 14 août 2014 modifiant la liste des actes et prestations pris en charge (vitamine D).
  • UNCAM — Décision du 25 novembre 2021 confirmant les restrictions de remboursement du dosage de la vitamine D.
  • HAS — Guide parcours de soins : Diabète de type 2 de l'adulte.
  • HAS — Fiches Bon usage des examens biologiques (collection).
  • European Society of Cardiology et European Atherosclerosis Society (ESC/EAS) — 2019 Guidelines for the management of dyslipidaemias (European Heart Journal, 2019), avec mise à jour ciblée 2025.
  • HAS et Société Française d'Endocrinologie (SFE) — Hypothyroïdies frustes chez l'adulte (2007) et HAS — Prise en charge des hypothyroïdies chez l'adulte (2022).

*Méthodologie BioSense : nos contenus s'appuient sur les recommandations officielles françaises (HAS, ANSM, Santé Publique France, INSERM, Assurance Maladie, Anses), européennes (ESC, EASD, NICE) et internationales (OMS, ADA, AHA, NIH), ainsi que sur les sociétés savantes spécialisées (SFE, SFBC, GRIO). Ils sont relus selon une démarche pédagogique avant publication.*

Pour aller plus loin

*Cet article a vocation strictement informationnelle et ne constitue ni un avis médical, ni un diagnostic. Pour toute question concernant votre santé, consultez votre médecin.*